« JUSQU’A CE QUE CHRIST SOIT FORME EN NOUS » GALATES 4:19 – 1/2

 

(Le Protestant
béarnais 1910-02)

 
L’apôtre Paul désigne en ces termes le but des efforts
qu’il déploie auprès des chrétiens de la Galatie. C’est là le but
que se propose, dans son œuvre, tout vrai ministre de Jésus-Christ, ou
plutôt, c’est celui que Dieu poursuit, par le ministère de ses serviteurs,
en tous ceux à qui la parole est annoncée. Ne sera-ce pas aussi le but que
tout croyant devra, pour son propre compte, avoir constamment devant les
yeux ? Et si Paul compare à un douloureux travail d’enfantement le zèle qu’il apporte,
par ses paroles, par ses écrits et plus encore par ses prières, à produire
la manifestation de la vie de Christ chez les chrétiens de son temps,
avec quel soin, quel zèle, quelle persévérance ne devons-nous pas nous
appliquer nous-mêmes à seconder le dessin de Dieu à notre égard ?


C’était (est-il besoin de le rappeler ?), à des hommes
déjà gagnés à l’Evangile, c’était à des croyants que s’adressait
la parole de l’apôtre. Les Galates étaient alors, il est vrai,
troublés par des docteurs judaïsants, qui voulaient les ramener sous le joug de
la loi. Ils n’en avaient pas moins reçu Jésus-Christ et connu la vie
de l’Esprit, comme en témoigne l’apôtre lui-même, quand il leur pose
cette question : « Est-ce par les
œuvres de la Loi que vous avez reçu l’Esprit, ou par la prédication
de la foi ? »
(Gal. 3/2). Et encore, quand il leur écrit : « Parce que vous êtes fils, Dieu a mis
en vous l’Esprit de son Fils. »
(Gal. 4/6.) Mais telle est
la semence que l’on jette en terre, pour qu’elle y germe et Fructifie ;
telle est la vie de Christ dans nos cœurs. Un jour vous avez préparé
dans un vase une terre riche et bien brisée, puis vous y avez déposé
la graine de votre choix; et voilà cette graine a germé; la racine a
poussé et la tige commencé de paraître. Vous avez veillé sur votre
plante, l’arrosant, l’exposant au soleil ou l’abritant tour à tour, selon
que vous le jugiez plus profitable, et prenant garde à ce qu’aucune
végétation rivale ne vint, lui disputant la place, entraver
son développement. Oh ! C’était d’abord une bien petite et bien
faible plante. Tendre et délicate, quel besoin elle avait
d’être protégée contre le rude contact de quelque corps étranger! Quel
besoin de se développer et de croître ! Sans nul doute, vous aviez bien
déjà là cependant votre plante. ICI il était bien réellement formé, au
moins en ses premiers éléments. Mais plus tard, quel aspect nouveau elle
devait présenter à vos regards! La tige avait grandi et était devenue
résistante, les feuilles avaient poussé, les fleurs éclatantes ou
parfumées avaient paru à leur tour. Correspondant à ce développement
extérieur, un autre, tout pareil, s’était produit à la racine. Celle-ci
s’allongeant, se ramifiant, avait, en tous sens, pénétré la terre, elle
l’avait enlacée, remplissant le vase. C’est alors que vous avez pu dire,
en un sens plus complet et plus véritable, que la plante était formée
et qu’elle avait donné ce que vous pouviez attendre d’elle.

Ainsi en est-il du Christ, quand il a été reçu dans le
cœur du croyant, Comme la terre ne peut d’elle-même rien produire, si
la semence n’y a été déposée, le cœur ne peut de lui-même produire la vie
de l’Esprit. Mais en Christ est cette vie. Christ est la semence
sainte qui pénètre en nous par la foi. Pour quiconque le reçoit, c’est un
germe vivant qui est mis en terre. Et dès lors commence la vie nouvelle. Christ
lui-même va revivre en nous.