S. Bost (Le
Protestant béarnais A49 – 1932-08-09)
quelquefois « Jacob ! C’est un sinistre farceur ! Et je ne comprends pas la
Bible qui veut que nous regardions à lui comme à un des fondateurs de la
religion d’Israël ! Celui qui a honteusement dupé son frère Esaü,
abominablement trompé son vieux père Isaac, aveugle et sur le point de mourir,
qui a usé de stratagèmes bizarres quand il était chez Laban, pour augmenter le nombre de ses propres
troupeaux et qui s’enfuit un jour profitant d’une absence de son oncle, qui
s’enfuit sans crier « Gare !»
Emmenant femmes, enfants, troupeaux et même les
idoles domestiques de son oncle,
cet homme, ce Jacob,
comment pouvez-vous en
faire un personnage si important
dans l’histoire d’Israël, le père des 12 fils d’où naquirent les 12 tribus !
Mais il était parfaitement indigne d’une telle situation ! Et quand vous nous
dîtes d’étudier la Bible vous voudriez que nous croyions à cette direction
providentielle, à ce Dieu qui protège les menteurs et qui accorde ses bienfaits
aux hommes du type de Jacob ? Laissez-nous rire et allez vous promener avec
votre Bible ! »
Ceux qui
parlent ainsi n’ont pas compris la
signification du Jabbok
parce qu’il n’y a pas eu dans leur propre vie de moments semblables à
ceux que Jacob passa au Jabbok. Oui Jacob a trompé son frère, a menti à son père, puis il a été puni. C’est une dure
punition que d’être chassé de la maison de
son père. Oui, il a trompé Laban et l’a quitté comme un malhonnête ! Or Dieu ne
pouvait pas employer pour se révéler au monde un homme pourri de mensonges.
Il lui faut pour révéler sa
Gloire, des âmes pures et dociles. Alors Dieu arrêta Jacob, le vainquit, le
brisa puis le releva. Jacob était converti.
Regardons-le du
bord du torrent, à ce moment unique et décisif de sa vie pendant cette nuit
inoubliable historique, pour lui et pour l’humanité d’où va surgir d’un homme
pécheur un collaborateur du Dieu Saint. Devant lui son frère qui vient à sa
rencontre avec quatre cents hommes ! Son frère, l’offensé qui vient pour se
venger ? Quatre cents hommes qui vont massacrer les femmes et les enfants
eux-mêmes, les troupeaux et lui, lui Jacob quel sera son sort devant la colère
d’Esaü ?
Devant lui
l’effroi, et derrière lui ? Derrière lui tout un passé qui remonte à sa
mémoire, dont tous les détails lui apparaissent avec une netteté tantôt
effrayante tantôt consolante. Que faire dans une pareille
situation. Une seule chose, prier ; Dieu l’arrête, Dieu
le courbe, Dieu veut le vaincre pour lui donner la victoire. Jacob sent Dieu
présent et le moment venu pour lui de faire la paix non pas seulement avec
Esaü, mais avec Dieu. Il se met à prier et passe toute la nuit à prier.
Voilà le secret
de sa victoire, la prière ou ses trois formes :
– Actions de grâce, Jacob
reconnaît tous les bienfaits de Dieu.
– Humiliation, Jacob demande
pardon pour tout le passé qui défile devant ses yeux.
– Persévérance, Jacob lutte jusqu’au
lever de l’aurore
et dit à son mystérieux adversaire « je ne te laisserai point aller que tu ne m’aies béni ».
Et voici le fruit de sa
victoire, la délivrance : « J’ai vu Dieu
face à face et mon âme a été délivrée » délivrée de la crainte d’Esaü, de
la crainte du péché, de la crainte de la mort !
Et voici le
gage de sa victoire : un nom nouveau.
·
Il y avait dans un de nos champs de mission une femme connue
pour sa conduite honteuse et tout le monde la nommait : « Marie la
pécheresse ». Saisie par la Grâce
de Dieu
elle se convertit.
Sa vie changea et son nom changea car elle s’appela ensuite « Marie la
pardonnée ». Mais sa joie d’être
pardonnée fit d’elle un témoin du Sauveur et on l’appela désormais « Marie qui
rend témoignage ».
Frères, quel
que chrétien que vous soyez, puissiez-vous avoir bientôt votre Jabbok. Dieu nous confie
une grande tâche,
oui Dieu nous veut pour révéler au monde sa sainteté
et sa puissance et nous ne sommes pas plus dignes que Jacob. Pécheurs, à genoux et prions
jusqu’à la victoire.
Quand Jacob
passa Péniel le soleil se levait sur un homme nouveau. Dieu fasse que le soleil
dans notre pays dans les Eglises, beaucoup d’âmes nouvelles, se lèvent,
renouvelées par la grâce de Dieu et baptisées du Saint- Esprit.
