L’Onction: Titre de Chevalerie Céleste
Par E.M.
Bounds
L’onction est donnée au prédicateur, non par
l’étude, mais dans la chambre secrète. Il s’agit de la distillation céleste
venant en réponse à la prière. C’est l’exhalation la plus douce du Saint-Esprit.
Elle imprègne, adoucit, tranche et tranquillise. Elle porte la Parole comme une
dynamite, comme du sel, comme du sucre; fait de l’auditeur soit un coupable,
soit un saint, le réduit en larmes comme un enfant ou le vivifie comme un
géant; elle ouvre son cœur ou sa bourse aussi délicatement, et néanmoins avec
autant de force que le printemps fait croître les feuilles.
Cette
onction n’est pas le produit du génie. Elle ne se trouve pas dans les corridors
du savoir. Aucune éloquence ne peut lui faire la cour. Aucune industrie ne peut
l’acquérir. Aucune main ecclésiale ne peut la communiquer. Elle est don de
Dieu, c’est le cachet accordé à Ses propres messagers. Elle est le titre de
chevalerie octroyé aux véritables et braves élus qui ont cherché cet honneur oint
à travers de nombreuses heures de prière combattante et éplorée.
La sincérité
est bonne et impressionnante. Le génie est doué et grand. La pensée enflamme et
inspire, mais il faut un don plus divin, une énergie plus puissante que la
sincérité ou le génie ou la pensée pour BRISER les chaînes du péché, pour
GAGNER des cœurs dépravés et méconnus à Dieu, pour réparer les brèches, et
restaurer l’Eglise dans ses anciennes voies de pureté et de PUISSANCE! Rien
d’autre que cette sainte onction ne peut faire cela. L’onction est l’huile du
Saint-Esprit, servant à séparer l’homme pour l’œuvre de Dieu et à le qualifier
en vue d’elle. Sans cette onction, il n’y a pas de véritables résultats
spirituels accomplis.
L’onction
peut être simulée. Il y a beaucoup de choses qui lui ressemblent, il y a
beaucoup de résultats qui ressemblent à ses effets; mais ceux-ci sont étrangers
à ses résultats et à sa nature.
La ferveur
ou la douceur excitée par un sermon pathétique ou émotionnel peuvent avoir un
air de ressemblance avec les mouvements de l’onction divine, mais elles n’ont
aucune force mordante, pénétrante et déchirante. Il n’y a aucun baume pouvant
guérir les cœurs dans ces mouvements émotionnels, sympathiques de surface. Ils
ne sont pas radicaux, ils ne sondent pas le péché et ne guérit pas du péché non
plus.
Cette
onction divine est le signe distinctif même qui sépare la véritable prédication
de l’Evangile de toutes les autres méthodes de présentation de la vérité. Elle
soutient et pénètre dans la vérité révélée avec toute la force de Dieu. Elle
illumine la Parole, et élargit et enrichit l’intellect, et le saisit
puissamment pour qu’il empoigne et appréhende la Parole. Elle qualifie le cœur
du prédicateur, et l’amène à cette condition de tendresse, de pureté, de force
et de lumière qui est nécessaire pour assurer les résultats les plus élevés.
Cette onction donne au prédicateur la liberté et un élargissement de la pensée
et de l’âme – la liberté, la plénitude et la précision au discours qui ne
peuvent être obtenus par aucun autre moyen.
Sans
l’onction sur le prédicateur, l’Evangile n’a pas plus de puissance pour se
propager qu’un quelconque autre système de vérité. Ceci est le sceau de sa
divinité. L’onction sur le prédicateur investit Dieu dans l’Evangile. Sans
l’onction, Dieu est absent, et l’Evangile est laissé aux forces viles que
l’ingénuité, l’intérêt ou les talents de l’homme peuvent fabriquer pour en
faire valoir et projeter ses doctrines.
C’est dans
cet élément que le pupitre échoue souvent, plus que dans n’importe quel autre
élément. L’onction est une force de consécration, et sa présence, le test
continuel de la consécration. C’est cette divine onction sur le prédicateur qui
assure sa consécration. C’est cette divine onction sur le prédicateur qui
assure sa consécration à Dieu et à Son œuvre. Il est possible que d’autres
forces et motivations l’appellent à l’œuvre, mais voici uniquement ce qu’est la
consécration: la séparation pour l’œuvre de Dieu par la puissance du
Saint-Esprit est la seule consécration reconnue par Dieu comme légitime.
Cette divine
onction, ce revêtement céleste est ce dont le pupitre a besoin et ce qu’il doit
avoir. Cette divine et céleste huile posée sur le pupitre par l’imposition des
mains de Dieu doit adoucir et lubrifier l’homme entier – cœur, tête et esprit –
jusqu’à le séparer par une puissante séparation de toutes motivations et tous
buts terrestres, séculaires, mondains et égoïstes, le séparer en vue de tout ce
qui est pur et divin. C’est la présence de cette onction sur le prédicateur qui
crée le mouvement et la friction dans beaucoup de congrégations. Les mêmes
vérités ont été dites dans la rigueur de la lettre, mais aucun froissement n’a
été vu, aucune douleur ou pulsation ressentie. Tout est plombé dans un silence
de cimetière.
Un autre
prédicateur survient, et cette mystérieuse influence repose sur lui; la lettre
de la Parole devient des lettres de feu enflammées de l’Esprit, la profonde
agonie d’un puissant mouvement est ressentie. C’est cette onction qui infiltre
et remue la conscience et brise le cœur. La prédication dénuée d’onction rend
tout dur, sec, et mort. Cette onction n’est pas une réminiscence ou un domaine
du passé seulement; c’est un fait conscient, réalisé et présent. Elle
appartient à l’expérience de l’homme ainsi qu’à sa prédication. C’est ce qui le
transforme en l’image de son divin Maître, et par cette onction, il déclare la
vérité de Christ avec puissance. C’est à ce point ce qui constitue la puissance
dans le ministère qu’elle rend toute autre chose faible et vaine sans elle, –
et par sa présence, elle remédie à l’absence de toutes les autres forces de
qualité inférieure.
Cette onction n’est pas un don inaliénable. Elle est un don
conditionnel, et sa présence est perpétuée et accrue par le même processus à
travers duquel elle a été initialement acquise; par la prière incessante à
Dieu, par un désir passionné de Dieu, par une recherche de l’onction avec
estime et avec une ardeur sans relâche, par la prise de conscience que toute
autre chose est vouée à la perte et à l’échec sans elle.
